Mains de la famille posées sur le ventre d'une femme enceinte, dans l'attente de bébé

Le prénom le plus typique de chaque département : étude 2026

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  En bref

Dans 62 départements sur 101, aucun prénom n’est vraiment local : on y prénomme comme partout ailleurs en France. Dans les 39 autres, une identité résiste. Le record revient à Mattin, prénom basque : 120 des 125 Mattin nés en France entre 2019 et 2025 l’ont été dans les Pyrénées-Atlantiques. Étude publiée en septembre 2026, sur l’édition des fichiers des prénoms de l’INSEE parue le 16 juillet 2026.

Ce qu'on a mesuré, et pourquoi ce n'est pas le top des prénoms

Le classement des prénoms les plus donnés dans un département ne raconte à peu près rien. Il donne Gabriel et Louise presque partout, parce que les grandes tendances écrasent les particularismes. Pour faire apparaître une identité locale, il faut poser une autre question.

Celle qu’on a choisie : quel prénom, rapporté à ses naissances dans toute la France, se concentre le plus dans ce département ? On appelle ça la concentration. Si un prénom est donné 125 fois en France et que 120 de ces naissances ont lieu dans le même département, sa concentration y est de 96 %.

C’est exactement le cas de Mattin dans les Pyrénées-Atlantiques, et c’est le record de France.

Deux précisions qui comptent. On travaille sur la période 2019-2025, assez large pour lisser les hasards et assez récente pour décrire les parents d’aujourd’hui. Et on ne retient un prénom que s’il compte au moins 25 naissances dans le département et 100 en France sur la période, pour écarter le bruit statistique.

Les 39 départements où un prénom sort du lot

Voici, pour chacun de ces départements, le prénom dont la concentration locale est la plus forte. La dernière colonne donne le détail : naissances dans le département, sur le total français.

Le prénom le plus typique de chaque département

Part des naissances françaises du prénom qui ont lieu dans le département, 2019-2025.

Outre-mer

Identité très marquéeIdentité netteIdentité légèreAucun prénom local
Voir la liste complète, département par département
  • Pyrénées-Atlantiques (64) : Mattin, 96,0 % de ses naissances françaises
  • Mayotte (976) : Kayel, 77,3 % de ses naissances françaises
  • Paris (75) : Arié, 54,2 % de ses naissances françaises
  • La Réunion (974) : Djayann, 40,0 % de ses naissances françaises
  • Haute-Corse (2B) : Lesia, 36,0 % de ses naissances françaises
  • Seine-Saint-Denis (93) : Ilinca, 35,0 % de ses naissances françaises
  • Haute-Savoie (74) : Zian, 33,3 % de ses naissances françaises
  • Guadeloupe (971) : Kénaël, 31,8 % de ses naissances françaises
  • Bouches-du-Rhône (13) : Jessym, 28,6 % de ses naissances françaises
  • Finistère (29) : Erell, 27,5 % de ses naissances françaises
  • Isère (38) : Meije, 27,3 % de ses naissances françaises
  • Corse-du-Sud (2A) : Chjara, 27,3 % de ses naissances françaises
  • Ille-et-Vilaine (35) : Briac, 26,1 % de ses naissances françaises
  • Martinique (972) : Lyvann, 25,9 % de ses naissances françaises
  • Guyane (973) : Faith, 25,0 % de ses naissances françaises
  • Nord (59) : Anthime, 24,0 % de ses naissances françaises
  • Hauts-de-Seine (92) : Chadi, 21,7 % de ses naissances françaises
  • Pas-de-Calais (62) : Anthime, 20,0 % de ses naissances françaises
  • Morbihan (56) : Katell, 19,2 % de ses naissances françaises
  • Val-de-Marne (94) : Evelina, 18,8 % de ses naissances françaises
  • Rhône (69) : Ambrine, 18,0 % de ses naissances françaises
  • Bas-Rhin (67) : Yigit, 17,9 % de ses naissances françaises
  • Val-d'Oise (95) : Tenzin, 15,8 % de ses naissances françaises
  • Yvelines (78) : Aissata, 15,7 % de ses naissances françaises
  • Loire-Atlantique (44) : Youenn, 15,4 % de ses naissances françaises
  • Gironde (33) : Antton, 15,2 % de ses naissances françaises
  • Alpes-Maritimes (06) : Eya, 14,0 % de ses naissances françaises
  • Essonne (91) : Khady, 13,3 % de ses naissances françaises
  • Côtes-d'Armor (22) : Awen, 13,0 % de ses naissances françaises
  • Seine-Maritime (76) : Lyzéa, 12,8 % de ses naissances françaises
  • Seine-et-Marne (77) : Jahyan, 10,7 % de ses naissances françaises
  • Pyrénées-Orientales (66) : Joan, 10,7 % de ses naissances françaises
  • Vienne (86) : Karamba, 10,4 % de ses naissances françaises
  • Hérault (34) : Guilhem, 10,0 % de ses naissances françaises
  • Indre-et-Loire (37) : Gatien, 9,4 % de ses naissances françaises
  • Maine-et-Loire (49) : Louison, 9,3 % de ses naissances françaises
  • Vaucluse (84) : Nans, 8,3 % de ses naissances françaises
  • Var (83) : Nans, 8,3 % de ses naissances françaises
  • Moselle (57) : Gennaro, 8,2 % de ses naissances françaises

Source : INSEE, fichier des prénoms publié le 16 juillet 2026. Calculs Cocon du Bébé, réutilisables avec mention.

DépartementPrénomConcentrationNaissances 2019-2025
Pyrénées-Atlantiques 64Mattingarçon96,0 %120 sur 125
Mayotte 976Kayelgarçon77,3 %85 sur 110
Paris 75Ariégarçon54,2 %65 sur 120
La Réunion 974Djayanngarçon40,0 %50 sur 125
Haute-Corse 2BLesiafille36,0 %45 sur 125
Seine-Saint-Denis 93Ilincafille35,0 %35 sur 100
Haute-Savoie 74Ziangarçon33,3 %40 sur 120
Guadeloupe 971Kénaëlgarçon31,8 %35 sur 110
Bouches-du-Rhône 13Jessymgarçon28,6 %50 sur 175
Finistère 29Erellfille27,5 %70 sur 255
Isère 38Meijefille27,3 %30 sur 110
Corse-du-Sud 2AChjarafille27,3 %30 sur 110
Ille-et-Vilaine 35Briacgarçon26,1 %60 sur 230
Martinique 972Lyvanngarçon25,9 %35 sur 135
Guyane 973Faithfille25,0 %35 sur 140
Nord 59Anthimegarçon24,0 %30 sur 125
Hauts-de-Seine 92Chadigarçon21,7 %25 sur 115
Pas-de-Calais 62Anthimegarçon20,0 %25 sur 125
Morbihan 56Katellfille19,2 %25 sur 130
Val-de-Marne 94Evelinafille18,8 %30 sur 160
Rhône 69Ambrinefille18,0 %45 sur 250
Bas-Rhin 67Yigitgarçon17,9 %25 sur 140
Val-d'Oise 95Tenzinfille15,8 %30 sur 190
Yvelines 78Aissatafille15,7 %40 sur 255
Loire-Atlantique 44Youenngarçon15,4 %30 sur 195
Gironde 33Anttongarçon15,2 %25 sur 165
Alpes-Maritimes 06Eyafille14,0 %70 sur 500
Essonne 91Khadyfille13,3 %30 sur 225
Côtes-d'Armor 22Awengarçon13,0 %30 sur 230
Seine-Maritime 76Lyzéafille12,8 %25 sur 195
Seine-et-Marne 77Jahyangarçon10,7 %30 sur 280
Pyrénées-Orientales 66Joangarçon10,7 %65 sur 610
Vienne 86Karambagarçon10,4 %25 sur 240
Hérault 34Guilhemgarçon10,0 %30 sur 300
Indre-et-Loire 37Gatiengarçon9,4 %25 sur 265
Maine-et-Loire 49Louisongarçon9,3 %170 sur 1825
Vaucluse 84Nansgarçon8,3 %25 sur 300
Var 83Nansgarçon8,3 %25 sur 300
Moselle 57Gennarogarçon8,2 %25 sur 305

On voit tout de suite que ces 39 départements ne racontent pas la même histoire. Certains portent une langue régionale, d’autres un relief, d’autres encore la géographie des communautés qui s’y sont installées. C’est ce qu’on démêle dans la suite.

À l'échelle des régions, les chiffres deviennent spectaculaires

Le département découpe souvent une réalité plus large. Un prénom breton ne s’arrête pas au Finistère, un prénom corse ne connaît pas la frontière entre les deux départements de l’île. En regroupant, les concentrations montent nettement.

PrénomRégionConcentrationNaissances
MattinPays basque et Landes96,0 %120 sur 125
YouennBretagne (5 départements)74,4 %145 sur 195
KatellBretagne (5 départements)73,1 %95 sur 130
ErellBretagne (5 départements)66,7 %170 sur 255
LesiaCorse60,0 %75 sur 125
AwenBretagne (5 départements)56,5 %130 sur 230
ChjaraCorse54,5 %60 sur 110
AnttonPays basque et Landes54,5 %90 sur 165
MeijeAlpes54,5 %60 sur 110
AnthimeNord et Normandie52,0 %65 sur 125
NansProvence-Alpes-Côte d'Azur36,7 %110 sur 300
JoanOccitanie20,5 %125 sur 610
GuilhemOccitanie15,0 %45 sur 300

Trois enseignements sortent de ce tableau, et une mise en garde.

Le Pays basque tient le record absolu. Mattin, forme basque de Martin, naît à 96 % dans les Pyrénées-Atlantiques et les Landes. Aucun autre prénom français n’est aussi territorialisé. Antton, forme basque d’Antoine, suit à 54,5 %.

La Bretagne est la seule région à aligner cinq départements. Erell, Katell, Youenn, Awen et Briac apparaissent chacun en tête d’un département différent, et tous naissent majoritairement en Bretagne. C’est le seul endroit de France où l’identité tient sur un territoire entier plutôt que sur un point.

L’Occitanie, elle, s’est diluée. Guilhem, forme occitane de Guillaume, ne naît qu’à 15 % en Occitanie. Joan, forme catalane de Jean, à 20,5 %. Les prénoms existent toujours, mais ils ont largement essaimé ailleurs. C’est le contraire exact du basque.

Et une ligne qui n’est pas ce qu’elle paraît. Lesia arrive en tête du tableau corse, devant Chjara, et pourtant ce n’est pas un prénom corse : c’est un prénom ukrainien, où il abrège Oleksandra. Il naît sur l’île de façon régulière depuis 2015 au moins, donc bien avant l’arrivée des familles ukrainiennes de 2022, et nos données ne disent pas pourquoi. C’est la limite de l’exercice, et il faut la dire : cette carte montre un prénom se concentre, jamais ce qui l’y a amené. Le prénom corse de ce tableau, c’est Chjara, à 54,5 %.

Quand c'est le paysage qui donne le prénom

Un cas sort du lot parce qu’il ne doit rien à une langue régionale. Meije, porté par 110 petites filles en France entre 2019 et 2025, naît à 54,5 % dans les Alpes, dont 30 naissances dans la seule Isère.

La Meije est aussi le nom d’un sommet du massif des Écrins, à cheval sur l’Isère et les Hautes-Alpes, l’un des plus réputés des Alpes françaises. On ne peut évidemment pas lire dans l’intention des parents, mais la coïncidence géographique est difficile à ignorer.

Dans le même registre, Nans, prénom provençal, naît à 36,7 % en Provence-Alpes-Côte d’Azur, et arrive en tête à la fois dans le Var et le Vaucluse.

Et un prénom ancien refait surface dans le nord : Anthime arrive en tête du Nord et du Pas-de-Calais, avec 52 % de ses naissances concentrées entre les Hauts-de-France et la Normandie.

En Île-de-France, la carte raconte autre chose

Les huit départements franciliens apparaissent tous dans notre tableau, et pourtant aucun ne porte de prénom régional. Ilinca en Seine-Saint-Denis, Tenzin dans le Val-d’Oise, Aissata dans les Yvelines, Khady dans l’Essonne, Evelina dans le Val-de-Marne, Chadi dans les Hauts-de-Seine, Arié à Paris, Jahyan en Seine-et-Marne.

Ce que la carte mesure ici, ce n’est pas une tradition locale mais la géographie des communautés. Ilinca est un prénom roumain, Tenzin un prénom tibétain, et le Val-d’Oise abrite l’une des principales communautés tibétaines de France. Les autres renvoient à des origines ouest-africaines, maghrébines ou d’Europe de l’Est.

C’est une lecture différente du même indicateur, et elle mérite d’être dite telle quelle : en Île-de-France, le prénom le plus concentré ne dit rien du territoire, il dit qui y vit.

La même logique vaut outre-mer, où Kayel à Mayotte, Djayann à La Réunion, Kénaël en Guadeloupe, Lyvann en Martinique et Faith en Guyane figurent parmi les concentrations les plus fortes du pays.

Dans 62 départements, on prénomme comme partout

C’est le résultat le plus massif de cette étude, et celui dont on parle le moins. Dans près des deux tiers des départements français, aucun prénom ne dépasse 8 % de concentration. Autrement dit, il n’existe pas de prénom qu’on puisse raisonnablement qualifier de local.

Les prénoms qui y arrivent en tête sont ceux qu’on entend dans toute la France : Mahé (Meuse), Timéo (Indre), Baptiste (Ariège), Giulia (Alpes-de-Haute-Provence), Lola (Lot), Timéo (Gers), Léna (Lozère), Maël (Creuse). Des prénoms de leur époque, pas de leur territoire. Si vous en êtes là, notre jeu d’idées de prénoms vous aide à trancher à deux.

Ce n’est pas un appauvrissement, c’est une bascule. Les parents choisissent aujourd’hui dans un répertoire national, nourri par les médias, les séries et les réseaux, bien davantage que dans celui de leur région. Les identités qui résistent sont précisément celles qui s’adossent à une langue encore vivante, le basque, le breton, le corse.

Maman en chemise de maternité embrassant son nouveau-né emmailloté
Dans la majorité des départements, le prénom déclaré à la maternité ressemble à celui qu'on déclare partout ailleurs.

Méthode, sources et limites

Les données viennent des fichiers des prénoms de l’INSEE, dans leur édition publiée le 16 juillet 2026, qui couvre les naissances de 1900 à 2025. Deux fichiers sont utilisés : le fichier national et le fichier départemental.

Ce qu’on calcule. Pour chaque couple prénom-département, la concentration est le nombre de naissances dans le département divisé par le nombre de naissances du même prénom dans toute la France, sur la période 2019-2025. On retient ensuite, pour chaque département, le prénom dont la concentration est la plus forte.

Un piège qu’on a évité, et qu’il faut signaler. Le total national ne doit pas être reconstitué en additionnant les colonnes départementales : le fichier départemental masque les prénoms donnés moins de trois fois par an dans un département, ce qui sous-estime le total et gonfle artificiellement la concentration. Sur Paol, par exemple, cette erreur donne 64 % au lieu des 39 % réels. Nos dénominateurs viennent donc du fichier national.

Seuils retenus. Au moins 25 naissances dans le département et 100 en France sur 2019-2025. En dessous, les pourcentages deviennent instables.

Limites à garder en tête. L’INSEE arrondit ses effectifs par multiples de 5 pour protéger le secret statistique : les pourcentages sont des ordres de grandeur, pas des mesures au dixième près. Le département enregistré est celui de la naissance, qui n’est pas toujours celui où vivent les parents, ce qui concentre mécaniquement un peu les naissances vers les départements dotés d’une grande maternité. Enfin, les prénoms les plus rares sont absents du fichier départemental, donc invisibles ici.

Réutilisation. Ces calculs sont librement réutilisables, y compris par la presse, à condition de citer Cocon du Bébé et de mentionner la source INSEE. Écrivez-nous si vous souhaitez le détail département par département ou une extraction sur mesure.

Dans près de deux départements sur trois, on prénomme comme partout ailleurs. Les identités qui résistent sont celles qui s’adossent à une langue encore vivante.

Notre fils s’appelle Jules. En faisant tourner ces calculs, j’ai regardé où il était le plus typique : nulle part. Sixième prénom de France, il ne dépasse 5 % dans aucun département. C’est exactement ce que raconte cette étude, et ça ne nous a jamais gênés : un prénom n’a pas besoin d’être rare pour être le bon.

La rédaction de Cocon du Bébé

Questions fréquentes

Mattin, forme basque de Martin. Sur 125 Mattin nés en France entre 2019 et 2025, 120 l’ont été dans les Pyrénées-Atlantiques, soit 96 %. Aucun autre prénom français n’atteint un tel niveau de concentration territoriale.

Parce que le résultat serait presque toujours le même : Gabriel et Louise, qui dominent le classement national. Les tendances de fond écrasent les particularismes locaux. Pour faire apparaître une identité, il faut mesurer la concentration d’un prénom, c’est-à-dire la part de ses naissances françaises qui ont lieu à un endroit donné.

Le Pays basque pour l’intensité, avec Mattin à 96 % et Antton à 54,5 %. La Bretagne pour l’étendue : c’est la seule région à placer un prénom en tête dans cinq départements à la fois, avec Erell, Katell, Youenn, Awen et Briac.

Non, mais ils se sont largement diffusés hors de leur région d’origine. Guilhem, forme occitane de Guillaume, ne naît qu’à 15 % en Occitanie, et Joan, forme catalane de Jean, à 20,5 %. Les prénoms restent portés, mais ils ne sont plus des marqueurs territoriaux.

Parce que l’indicateur y mesure autre chose. Les prénoms qui s’y concentrent, comme Ilinca ou Tenzin, ne renvoient pas à une tradition locale mais à la présence de communautés installées : roumaine, tibétaine, ouest-africaine. La carte y dessine une géographie des populations, pas des terroirs.

Oui, librement, à condition de citer Cocon du Bébé comme auteur des calculs et l’INSEE comme source des données. Nous pouvons fournir sur demande le détail complet des 101 départements ou une extraction sur un territoire précis.

Nos sources

Tous les chiffres de cet article sont calculés à partir des fichiers ouverts de l’INSEE, et rien d’autre. Les deux pages ci-dessous permettent de refaire les calculs.

Jérémy, fondateur de Cocon du Bébé

Papa de Jules, j’ai créé Cocon du Bébé pour accompagner les jeunes parents avec des conseils honnêtes et des chambres bébé sûres, au juste prix.

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