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On accouche le plus souvent à 39 semaines d’aménorrhée (27,5 % des naissances en France), puis à 40 SA. Seuls 5 % des bébés naissent le jour prévu, et en France 82 % arrivent avant la semaine du terme officiel. La pleine lune ? Sur 20 millions de naissances françaises, on a mesuré un surplus de 0,5 %, bien réel mais invisible à l’échelle d’une maternité.
Dans ce guide
À quelle semaine accouche-t-on le plus souvent ?
Combien de bébés naissent le jour du terme ?
Premier bébé : accouche-t-on plus tard ?
Quel mois naît-on le plus en France ?
Pourquoi naît-on moins le week-end et les jours fériés ?
La pleine lune fait-elle accoucher ? Notre calcul
Ce que ces chiffres changent pour votre pronostic
Méthode, sources et limites
À quelle semaine accouche-t-on le plus souvent ?
En France, la semaine la plus fréquente est la 39e semaine d’aménorrhée : plus d’un bébé sur quatre naît entre 39 SA et 39 SA + 6 jours. Viennent ensuite 40 SA (un quart des naissances), puis 41 et 38 SA, presque à égalité.
Ces chiffres viennent de l’Enquête nationale périnatale 2021, menée par l’Inserm et Santé publique France auprès de plus de 12 000 naissances. C’est la photographie la plus récente et la plus fiable dont on dispose. Rappel utile : on compte ici en semaines d’aménorrhée, c’est-à-dire depuis le premier jour des dernières règles, comme le font les sages-femmes et les échographistes.
| Âge de la grossesse à la naissance | Part des naissances | Cumul |
|---|---|---|
| Avant 37 SA (prématurité) | 7,0 % | 7 % |
| 37 SA | 6,4 % | 13 % |
| 38 SA | 16,5 % | 30 % |
| 39 SA | 27,5 % | 57 % |
| 40 SA | 24,7 % | 82 % |
| 41 SA | 17,3 % | 99,5 % |
| 42 SA et plus | 0,5 % | 100 % |
Naissances vivantes, France métropolitaine, 2021. Source : Enquête nationale périnatale 2021 (Inserm, Santé publique France), tableau 39. « 39 SA » regroupe les naissances de 39 SA à 39 SA + 6 jours.
- La moitié des bébés sont nés avant la fin de la 39e semaine : c'est là que tombe la médiane
- Plus de la moitié des naissances (52 %) ont lieu à 39 ou 40 SA, la fenêtre la plus probable de loin
- 7 % des bébés naissent prématurés, avant 37 SA, un taux stable d'une enquête nationale à l'autre
- Au-delà de 42 SA, c'est presque inexistant (0,5 %) : la surveillance et le déclenchement l'évitent
Combien de bébés naissent le jour du terme ?
Environ 5 % seulement. C’est le chiffre retenu par une étude australienne portant sur près de 19 000 accouchements spontanés, et repris par les maternités britanniques et irlandaises. En revanche, deux bébés sur trois naissent dans la semaine qui précède ou qui suit la date prévue.
En France, un détail change tout : le terme officiel est fixé à 41 SA, là où la plupart des pays retiennent 40 SA. Résultat, 82 % des bébés naissent avant même la semaine du terme. Si votre date prévue approche et que rien ne se passe, vous êtes simplement dans la minorité qui prend son temps, et la surveillance après le terme est très encadrée.
Le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) le dit lui-même : la durée normale d’une grossesse varie de 40 SA à 41 SA + 3 jours, et il semble « illusoire » de donner aux futurs parents une date au jour près. Mieux vaut raisonner en fenêtre qu’en rendez-vous. Pour situer la vôtre, notre calcul de grossesse donne la date prévue et les semaines clés.
Premier bébé : accouche-t-on plus tard ?
Oui, un peu, mais de quelques jours seulement. Une étude britannique de référence, menée sur 1 514 grossesses à la datation très sûre, trouve une durée médiane de 284 jours pour un premier bébé contre 282 pour les suivants, soit 2 jours d’écart. Une étude américaine plus ancienne l’estimait à 5 jours.
C’est donc vrai, mais pas au point de décaler tous les pronostics d’une semaine. Un premier bébé a un peu plus de chances d’arriver à 40 ou 41 SA qu’à 38, rien de plus. Et le fait d’être un premier bébé ne dit rien de la date exacte : les écarts d’une grossesse à l’autre restent bien plus grands que ces deux à cinq jours.
Quel mois naît-on le plus en France ?
Juillet est le mois le plus chargé, avec en moyenne 2 124 naissances par jour entre 2015 et 2024, soit 4,7 % de plus qu’un jour moyen. Septembre et août suivent. À l’inverse, mars et avril sont les plus calmes, autour de 4 % sous la moyenne.
On a calculé ces chiffres nous-mêmes à partir des naissances quotidiennes publiées par l’INSEE, en moyenne par jour et non par mois, pour ne pas avantager les mois de 31 jours. Le jour le plus chargé de l’année est d’ailleurs le 20 juillet, avec 9 % de naissances en plus d’après l’INSEE.
| Mois | Naissances par jour | Écart à la moyenne |
|---|---|---|
| Janvier | 1 977 | −2,5 % |
| Février | 1 980 | −2,3 % |
| Mars | 1 945 | −4,1 % |
| Avril | 1 951 | −3,8 % |
| Mai | 2 021 | −0,3 % |
| Juin | 2 057 | +1,5 % |
| Juillet | 2 124 | +4,7 % |
| Août | 2 089 | +3,0 % |
| Septembre | 2 098 | +3,5 % |
| Octobre | 2 077 | +2,4 % |
| Novembre | 2 030 | +0,1 % |
| Décembre | 1 978 | −2,5 % |
France entière, moyenne 2015-2024 (7,4 millions de naissances, 2 027 par jour en moyenne). Calcul Cocon du Bébé sur les données INSEE, état civil.
Pourquoi naît-on moins le week-end et les jours fériés ?
Parce qu’une partie des accouchements est programmée, et qu’on les programme en semaine. Déclenchements et césariennes planifiées se font plus volontiers un mardi qu’un dimanche. L’INSEE, qui a étudié la question en 2025, observe ainsi 13 % de naissances en moins le dimanche et 9 % en moins le samedi.
- Les jours les plus chargés sont le mardi (+6 %) et le vendredi (+5,5 %), suivis du mercredi et du jeudi
- Le 25 décembre est le jour le plus calme de l'année, avec 22 % de naissances en moins
- Les jours fériés suivent la même logique : −17 % le 1er janvier, −11 % le 1er mai, −9 % le 8 mai et le 1er novembre, −7 % le 11 novembre
- L'effet est encore plus net pour les mamans de 40 ans et plus, dont les accouchements sont plus souvent programmés : −23 % le dimanche
La pleine lune fait-elle accoucher ? Notre calcul sur 20 millions de naissances
Presque pas : on mesure +0,5 % de naissances autour de la pleine lune, d’après notre calcul sur toutes les naissances françaises de 1998 à 2024. C’est un écart réel, mais minuscule : une dizaine de bébés de plus par jour dans tout le pays, sur plus de 2 100.
Pour obtenir ce chiffre, on a comparé chaque jour à des jours « jumeaux » : le même jour de la semaine, une, deux et trois semaines avant et après. Sans cette précaution, une pleine lune tombée un mardi paraîtrait chargée et une pleine lune tombée un dimanche paraîtrait creuse, sans que la lune y soit pour rien. Les jours fériés ont été écartés.
| Phase de la lune | Écart de naissances | Marge d'incertitude |
|---|---|---|
| Nouvelle lune | −0,2 % | ± 0,2 point |
| Premier croissant | −0,1 % | ± 0,2 point |
| Premier quartier | −0,1 % | ± 0,2 point |
| Lune gibbeuse croissante | 0,0 % | ± 0,2 point |
| Pleine lune | +0,5 % | ± 0,2 point |
| Lune gibbeuse décroissante | +0,2 % | ± 0,2 point |
| Dernier quartier | −0,1 % | ± 0,2 point |
| Dernier croissant | −0,1 % | ± 0,2 point |
France entière, 1998-2024, 9 427 jours et 20,3 millions de naissances, jours fériés exclus. Chaque phase couvre environ 3,7 jours. Écart par rapport aux mêmes jours de la semaine, une à trois semaines avant et après. Calcul Cocon du Bébé sur les données INSEE.
Alors, la sage-femme qui jure que « c’est toujours la folie les soirs de pleine lune » a-t-elle raison ? Faisons le calcul pour une maternité moyenne, qui voit naître 8 bébés par jour. Un surplus de 0,5 % représente un accouchement supplémentaire toutes les 25 pleines lunes environ, soit tous les deux ans. Personne ne peut le sentir au quotidien. Si les nuits de pleine lune marquent les esprits, c’est plutôt parce qu’on s’en souvient mieux.
On a vérifié la solidité du résultat de trois façons. L’écart apparaît sur chacune des trois périodes de neuf ans, il persiste avec une autre méthode de calcul (comparaison au même jour de la semaine dans le même mois), et sur 400 faux cycles lunaires tirés au hasard, un écart aussi grand n’est apparu que de façon exceptionnelle. Mais il reste une énigme : si la lune déclenchait vraiment le travail, l’effet devrait être plus fort le week-end, quand les naissances spontanées dominent. Or il ne l’est pas. On ne sait donc pas ce qui produit ce demi-pour-cent, et on se garde de conclure que la lune « fait accoucher ».
C’est d’ailleurs cohérent avec les grandes études étrangères, qui n’avaient trouvé aucun effet : 564 000 naissances en Caroline du Nord, 6 700 à Hanovre. Avec des effectifs plus modestes que les nôtres, un écart de 0,5 % passe tout simplement inaperçu.
Ce que ces chiffres changent pour votre pronostic de naissance
La date de naissance est le pari le plus disputé d’un pronostic de naissance, et ces chiffres donnent un vrai avantage à qui les connaît. Si vous jouez, voici la stratégie la plus rentable :
- Visez la 39e ou la 40e semaine, où tombent plus de la moitié des naissances, plutôt que la date prévue elle-même
- Pour un premier bébé, décalez de deux ou trois jours vers le terme, pas plus
- Préférez un jour de semaine, surtout si un déclenchement ou une césarienne est évoqué, ils se programment rarement le dimanche
- Évitez les jours fériés, et oubliez la pleine lune, elle ne vous fera gagner aucun pari
Et si vous êtes les futurs parents, gardez en tête que tout le monde tombera à côté, et c’est ce qui rend le jeu drôle. Nos conseils pour organiser le pronostic et deviner le poids et la taille complètent ceux-ci. Côté pratique, une fenêtre qui s’ouvre dès 37 SA est aussi un bon argument pour avoir la valise de maternité prête un mois avant le terme.
Méthode, sources et limites
Semaines de naissance : Enquête nationale périnatale 2021, 12 235 naissances vivantes en France métropolitaine. La répartition semaine par semaine est lue dans le tableau 39 du rapport ; la médiane et les regroupements sont nos calculs.
Mois et pleine lune : nombre de naissances vivantes par jour publié par l’INSEE (tableau « Naissances selon le mois et le jour », France entière, 1998-2024). Les dates de pleine et de nouvelle lune sont calculées selon les algorithmes astronomiques de Jean Meeus, à l’heure de Paris, et contrôlées sur des dates connues. Chaque jour est comparé à la médiane des six mêmes jours de la semaine situés une, deux et trois semaines avant et après. Nous avons exclu les jours fériés, ainsi que les 24, 26 et 31 décembre et le 2 janvier.
Limites : les naissances comptées sont celles de l’état civil, sans distinguer les accouchements spontanés des accouchements programmés, ce qui empêche d’isoler un éventuel effet sur le déclenchement du travail. Le surplus de la pleine lune, statistiquement solide, reste inexpliqué. Jours de la semaine et jours fériés : INSEE Focus n° 360 (septembre 2025).
Ces chiffres sont réutilisables librement, à condition de citer Cocon du Bébé pour les calculs et l’INSEE ou l’Inserm pour les données.
La date prévue n'est pas un rendez-vous, c'est le milieu d'une fenêtre de plusieurs semaines. Un bébé sur vingt seulement s'y présente à l'heure.
Notre fils est arrivé près d'un mois avant la date prévue. On avait tout calé sur ce jour-là, et heureusement, la chambre était prête depuis le septième mois. Depuis, on donne le même conseil à tous nos proches qui attendent un bébé : la valise et la chambre prêtes dès 37 semaines, et la date prévue notée au crayon.
Questions fréquentes
Autour de 39 SA. En France, la médiane se situe dans la 39e semaine d’aménorrhée, et plus de la moitié des bébés naissent à 39 ou 40 SA. Le terme officiel français, 41 SA, est donc plus tardif que la date à laquelle la plupart des bébés arrivent réellement.
Environ 5 %, soit un bébé sur vingt. Deux bébés sur trois naissent en revanche dans les sept jours qui précèdent ou suivent la date prévue. C’est pour cela que les professionnels parlent de plus en plus de période d’accouchement plutôt que de date.
À partir de 37 SA révolues. Un bébé né entre 37 et 42 SA est dit né à terme. En France, 7 % des bébés naissent avant 37 SA, un taux stable d’une enquête nationale à l’autre. Au-delà de 41 SA, on parle de terme dépassé et une surveillance rapprochée est mise en place.
Légèrement, oui. Les études trouvent qu’une première grossesse dure en médiane 2 à 5 jours de plus que les suivantes. L’écart est réel mais faible : il ne permet pas de prédire la date d’un deuxième bébé mieux qu’avec le calcul habituel.
À peine. Sur 20 millions de naissances françaises entre 1998 et 2024, nous mesurons 0,5 % de naissances en plus autour de la pleine lune. Pour une maternité de 8 accouchements par jour, cela représente un bébé de plus tous les deux ans environ, impossible à percevoir sur le terrain.
Le mardi, avec 6 % de naissances de plus qu’un jour moyen d’après l’INSEE, suivi du vendredi. Le dimanche est le jour le plus creux (−13 %), parce que les accouchements programmés, déclenchements et césariennes, se font surtout en semaine.
Nos sources
Les chiffres viennent des données publiques de l’INSEE et de l’Inserm, et d’études publiées dans des revues médicales à comité de lecture. Les calculs sur les mois et la lune sont les nôtres.
- ›Inserm, Santé publique France : Enquête nationale périnatale 2021, rapport (tableau 39, âge gestationnel)
- ›INSEE : Naissances vivantes selon le mois et le jour, 1968-2024
- ›INSEE Focus n° 360 : Quel jour naît-on le plus en France ? (septembre 2025)
- ›CNGOF : recommandations pour la pratique clinique, grossesse prolongée (2011)
- ›Khambalia et al., International Journal of Gynecology & Obstetrics, 2013 : 5 % de naissances à la date prévue
- ›Smith, Human Reproduction, 2001 : durée normale de la grossesse selon le rang de naissance
- ›Arliss et al., American Journal of Obstetrics & Gynecology, 2005 : phases de la lune et naissances
Jérémy, fondateur de Cocon du Bébé
Papa de Jules, j’ai créé Cocon du Bébé pour accompagner les jeunes parents avec des conseils honnêtes et des chambres bébé sûres, au juste prix.
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